avr
11

Rencontre avec une infirmière à domicile…

Infirmière à domicile en Belgique depuis 10 ans, Charlotte a bien voulu se prêter au jeu de nos questions-réponses et vous faire partager un bout de son expérience, de son parcours, de son regard sur son métier d’infirmière. Rencontre avec une infirmière dynamique et passionnée par son métier !

Quelle formation avez-vous suivi ?
A 18 ans, après l’obtention de mon baccalauréat littéraire (je suis française), je me suis inscrite à l’école d’infirmier-e-s de Mouscron, l’ITEHO- Jeanne d’Arc. J’y ai donc suivi trois années de cursus en filière hospitalière. On m’avait déconseillé, ayant fait des études de Lettres, de me présenter en graduat…ce que je regrette un peu aujourd’hui. En 2003, j’ai obtenu mon diplôme.

Votre formation était-elle suffisante pour se confronter à la réalité du métier ?
Je dois dire qu’être confrontée à la maladie, à la détresse, à la mort, et ce dès 18 ans, c’est assez rude! Mais l’enseignement reçu, l’écoute de la plupart des professeurs et les conseils distillés par le personnel soignant en stages, nous donnent les armes pour y faire face, pour se protéger tout en prodiguant des soins de qualité.
Après, il est vrai que c’est assez impressionnant de débarquer dans un service, en étant jeune diplômée, d’avoir toutes ces responsabilités sur les épaules, de devoir s’adapter aux façons de travailler. Mais lorsqu’on a la chance d’être accompagnée par une bonne équipe (ce qui a été mon cas! Et ce qui devrait normalement l’être pour chacun…), on prend vite ses marques, et ainsi, plus d’assurance. Après tout, l’école nous a transmis un bagage solide, à nous de le mettre en œuvre sur le terrain.

Quel a été votre parcours professionnel ?
A ma sortie de l’école, j’ai tout de suite été engagée à l’ASD de Comines (Aide et Soins à Domicile). J’y suis maintenant depuis presque 10 ans.

La chose la plus agréable et la plus difficile ?
La chose la plus agréable, c’est certainement ce sentiment d’aider l’autre. Qui plus est, à domicile – et ce n’est définitivement pas un mythe – nous sommes parfois la seule visite de la journée pour certains patients. Se dire qu’on les a écoutés, entendus, qu’on leur a apporté un peu de bonne humeur, de soulagement, de réconfort, c’est extrêmement gratifiant!
Et aider l’autre, ça signifie aussi, aider ses collègues. A Comines, nous avons vraiment une équipe solidaire. Quand une infirmière a terminé sa tournée plus tôt, elle appelle ses collègues pour reprendre des soins. Et lorsqu’il y a eu cet épisode neigeux dernièrement, des collègues, ne travaillant pas ce jour-là, se sont même proposées pour venir donner un coup de main!

Par contre, nous n’avons hélas pas toujours le temps que l’on aimerait avoir (toujours cette fichue histoire de « rendement »!)… Deux solutions s’offrent alors à nous: soit courir, et ainsi frustrer le patient, se frustrer soi, mais finir sa tournée à l’heure. Soit prendre le temps malgré tout, quitte à finir plus tard, et ainsi empiéter sur nos activités personnelles, mais être satisfaite de son travail. Le choix n’est pas toujours évident! Surtout avec toutes les répercussions que cela implique…

interview_charlotteCharlotte posant avec l’un de ses patients…

Comment se passe une journée-type ?
En général, et selon les tournées, nous arrivons au bureau vers 6h45, où nous récupérons notre liste (détaillant brièvement l’identité des patients et les types de soins à réaliser chez eux). Nous commençons donc vers 7h par les injections d’insuline et les toilettes. Puis, nous enchaînons avec divers autres soins infirmiers, pour finir la tournée (normalement!) aux alentours de 12h.

Puis, une, deux, trois, voire quatre fois par semaine, selon nos contrats, nous reprenons vers 15h30/16h pour finir vers 19h/20h (selon le nombre de patients). Nous effectuons pas mal de soins infirmiers, mais également des mises au lit (avec parfois l’aide de l’aide-soignante qui travaille le soir).

Le fait de vous rendre au domicile des patients vous apporte-t-il un contact humain supplémentaire par rapport au travail en hôpital ?
Je le crois! Et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi le domicile.
Nous entrons dans l’intimité de nos patients, nous sommes témoins des étapes de leur vie, nous connaissons leurs habitudes, nous côtoyons, quand il y en a, la famille, les amis. Et puis, la plupart d’entre eux sont des patients chroniques, nous les connaissons donc, pour certains, depuis plusieurs années. Alors forcément, cela crée des liens (parfois au dépend de la fameuse distance thérapeutique, dont on nous a beaucoup parlé à l’école!).

Bien évidemment, il y a, à cette situation, un revers de la médaille: il faut savoir ne pas trop s’impliquer, ne pas trop en faire, mais ce n’est pas toujours évident (comment mettre de la distance entre nous et des personnes que nous voyons parfois plus que notre propre famille?)!

En ce qui me concerne, j’ai trouvé le truc: après avoir été plus de 6 ans titulaire d’une tournée, je suis redevenue infirmière volante, c’est-à-dire que je remplace mes collègues sur différents secteurs. Cela me permet de voir d’autres visages, d’autres soins, d’autres situations, et d’ainsi, ne pas (trop!) perdre de vue la fameuse distance thérapeutique!

Y a-t-il des choses à améliorer pour les infirmiers en Belgique ?
Il y a toujours des choses à améliorer!
A l’heure actuelle, on parle de plus en plus d’argent, de rendement. Les soins sont devenus un commerce comme un autre, il faut rentabiliser…
Mais ici, nous parlons d’humains. D’humains que l’on se doit de respecter. Que ce soit pour nos patients, comme pour nous, personnel soignant: quel faible salaire pour un métier ô combien éprouvant (je parle pour mes collègues belges, j’ai la chance d’avoir le statut de frontalière)… Dans quelles conditions de travail (le nombre de burn-outs et de maladies professionnelles ne cesse d’augmenter chaque année)! Et pour quel après (la pension octroyée n’est franchement pas réjouissante!)?
Mais étant française, je me rends bien compte que c’est la même chose par ici. Il me semble qu’il faudrait complètement repenser nos systèmes de santé, en plaçant au centre l’Humain, c’est la seule solution.
Il y a du boulot, mais si nous nous serrons les coudes, rien n’est impossible!

Le mot de la fin ?
Je tiens à vous remercier de laisser la parole aux infirmiers et infirmières le temps d’une interview! De mon côté, j’ai la chance d’être dans une bonne équipe, de travailler dans des conditions acceptables, mais c’est loin d’être le cas partout! Il est donc extrêmement important que nous puissions, pour une fois, être entendus! En espérant très sincèrement que tous ces témoignages pourront être utiles à d’autres, et pourquoi pas, faire bouger les choses…

avr
02

Congrès – Implication des infirmiers-ières dans des projets de pratique avancée en soins infirmiers. Résultats pour les patients et la communauté

L’Assemblée Suisse Romande des Infirmières Cliniciennes (ASRIC) organisera le XIIè congrès européen francophone des infirmiers-ières cliniciens-nes, les jeudi et vendredi 21 et 22 novembre 2013, au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) à Lausanne (Suisse).

Asric-congres-infirmières

Cette édition 2013 portera principalement sur l’« Implication des infirmiers-ières dans des projets de pratique avancée en soins infirmiers. Résultats pour les patients et la communauté ».

Avec pour objectifs de

  • Clarifier et valoriser les compétences et modes de collaboration des infirmières, infirmières cliniciennes, infirmières cliniciennes spécialisées (au bénéficie d’un Master en sciences infirmières), dans des programmes de pratique avancée, à partir d’exposés d’experts et témoignages de projets conduits.
  • Illustrer les plus values significatives de ces collaborations pour faire face aux défis contemporains en matière de dispensation des soins et de prévention

    Appeler ces acteurs du système de soins à témoigner de leur pratique en réponse aux besoins de santé de la population

Tous les détails informatifs de ce congrés sont disponibles sur  www.asric-site.ch  et vous avez jusqu’au 30 mai prochain pour vous y inscrire.

avr
01

Joyeuses Pâques !

On profite de ce joli moment de l’année pour à la fois vous souhaiter une très belle fête de Pâques et revenir sur le film « Joyeuses Pâques« de Georges Lautner avec l’inoubliable Belmondo, la belle Sophie Marceau, la non moins belle Marie Laforêt et l’incroyable Rosy Varte. Un film où la jolie Nancy Mooy campe une infirmière… photo:

Nancy Mooy en infirmière

mar
28

La parole aux infirmières et infirmiers de Belgique !

Ce blog sur le monde infirmier ne serait rien sans vous, infirmières et infirmiers, il était donc normal de vous donner la parole. De temps à autre, nous publierons donc de petites interviews d’infirmières, d’infirmiers travaillant dans différents services, en soins à domicile, indépendants ou encore en maison de repos. Cette fois, c’est à Marie-Dominique que nous donnons la parole.

Quelle formation avez-vous suivi ? Était-elle suffisante pour faire face à la réalité quand vous avez commencé à travailler ?

J’ai eu beaucoup de difficultés au début pour cause de manque d’expérience. J’étais seule dans mon service, à l’époque et nous avions beaucoup de « gros » patients ( grabataires, pansements importants, alimentations assistées, patients neuros, gros cardiaques et énormément de fins de vie) . Je me suis sentie très démunie et suite à quelques expériences difficiles, j’ai entamé au CPSI une formation en soins palliatifs, j’ai ensuite suivi de nombreux cycles de conférences de toutes sortes sur l’écoute et l’accompagnement de fin de vie. Tout ça m’a donné l’envie d’aller plus loin et j’ai continué au CPSI avec une formation en oncologie et une autre en algologie. J’ai aussi suivi 2 modules de formation en massage proprioceptif donné par une psychologue et une kiné dans un autre hôpital que celui où je travaille. Parallèlement j’ai fait du domicile comme indépendante pendant 6 ans .

Aujourd’hui, quelle est la chose la plus agréable dans votre métier et la chose la plus difficile ?

Après plus de 25 ans de carrière bien remplies, j’ai toujours le même feu sacré en tant que soignante, je referais le même choix professionnel. Par contre, je suis énormément déçue et même inquiète du changement que je vois dans la façon d’aborder les soins actuellement.  Tout y est d’abord tourné vers les bénéfices matériels. L’hôpital et la charité c’est bien deux choses différentes. Les nouvelles infirmières sont peu solidaires, très réticentes aux horaires difficiles, ne veulent plus se « salir » les mains (au détriment du malade ). Hors, si on travaille en milieu hospitalier les contraintes d’horaires sont une réalité difficilement évitable.

Notre travail est peu valorisé. La charge de travail est de plus en plus lourde. Le côté « paperasse » de plus en plus envahissant. Depuis que je travaille, j’ai toujours le même bon contact avec malades, c’est ce qui motive et donne l’envie de continuer.

Comment se passe une journée-type ?

Je travaille depuis toujours à temps plein, je fais donc des semaines de 7 nuits suivies de 7 nuits de récupération. Je prends mon service pour 20h30 et je termine à 7h. Avec l’âge, j’ai la chance de bénéficier de conditions qui me donnent droit à 9 nuits de congés supplémentaires par an depuis 45 ans et 9 encore en plus à partir de 50 ans. J’en aurai encore 9 de plus à partir de 55 ans. La chose la plus difficile est l’isolement dans lequel on est parfois quand on travaille de nuit.



Que pensez-vous de la situation des infirmiers en Belgique? Y a-t-il des choses qui devraient être améliorées ?

Je pense que pour revaloriser la profession, il serait judicieux d’augmenter un peu les salaires et pas seulement octroyer des primes ( les pensions ne sont pas calculées sur les primes ). D’après l’office des pensions j’aurais droit si j’arrêtais maintenant à 630 euros mensuels ! C’est un comble quand on voit que certaines personnes n’ayant jamais travaillé reçoivent le double.

mar
24

Offres d’emploi !

Quelques offres d’emploi pour la région de Tournai:

  • Cherche infirmier(ère) salarié(e) pour travaille en soins à domicile région de Tournai Contacter Mme DECARPENTRY Delphine 0479/85.72.47
  • Cherche infirmier(ère) salarié(e) pour travaille en institution de soins pour personne handicapée Contacter Mr Michel DEBRUXELLES 0474/42.15.81
  • Cherche ambulancier salarié avec formation TMS. Offre temps plein. Région de Tournai. Contacter Mr Jean-François DELCROIX 0475/46.26.73

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